Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 17:57

C'est le titre d'un ouvrage que je viens de publier avec mon ami Bruno VEVER auprès de l'éditeur belge BRUYLANT (http://www.bruylant.be).

 

Prenant acte de l'échec de la Constitution européenne et le rejet en Irlande du traité de Lisbonne, nous nous posons la question du décalage grandissant entre les élites européennes et leurs opinions publiques. Mais au delà du constat bien connu, l'ouvrage propose en fait "un plan "C" pour rendre l'Europe aux citoyens autour de 7 questions:



 

1. Et si on recommençait par la culture ?

En effet, sans identité commune, le citoyen européen devient schizophrène et ne sais plus très bien qui il est. La "culture européenne" est un concept théorique. Aujourd'hui, nous avons nos identités et cultures nationales (parfois régionales) et subissons l'envahissement  d'une culture internationale, essentiellement provenant des USA. Où est l'identité européenne dans tout cela? Sans efforts véritable de promotion, de diffusions des cultures et langues européennes, il n'y aura jamais d'identité européenne et donc notre citoyen européen ne trouvera jamais son identité. Nous proposons donc des outils et instruments (médias, programmes..) pour donner forme à cette identité culturelle commune sans laquelle il n'y aura jamais de citoyenneté européenne.

 

2. Et si on gouvernait l'Europe autrement ?

 

Il faut le sauver de lui-même, c'est-à-dire de l'incompréhension qu'il ressent de plus en plus face à un projet européen de plus en plus vague et des Institutions européennes de moins en moins lisibles.

 

Le citoyen européen a besoin d'un parachute car il est aujourd'hui complètement perdu. Il a l'impression d'être laissé seul, abandonné, face à un monde de plus en plus complexe et de plus en plus dangereux. Les leaders politiques nationaux font part de leur impuissance face à la crise économique et face aux grands bouleversements de la société. Le citoyen européen voudrait bien  se tourner vers l'Europe, mais elle répond aux "abonnés absents" car l'Europe c'est qui ? Et puis l'Europe, quand elle répond, ne propose rien de concret et renvoie en réalité la réponse aux responsables politiques nationaux. C'est le syndrome de l'"œuf et la poule".

 

En réalité, nous pensons que la participation active des citoyens à la construction européenne est en recul depuis une vingtaine d'années. Le développement exagéré du lobbysme et des lobbies a marginalisé les véritables acteurs de la société civile. La Commission européenne en particulier doit revoir ses pratiques de consultation, donner plus d'espace et plus de temps à la concertation, écouter davantage les organisations socio´professionnelles. Juste un exemple, un jour en présentant un projet au nom d'organisations européennes (BusinessEurope et Eurochambres) qui représentant 20 millions d'entreprises, la Commission européenne a mis en doute l'intérêt de notre projet (la société privée européenne) pour les entrepreneurs.

 

Les Institutions européennes sont attirées par les "think tanks", les lobbies, les consultations par internet. Elles se méfient des consultations officielles. Or je constate que ce sont les organes consultatifs, notamment le CESE et les organisations européennes représentatives, qui sont à l'origine de la plupart des avancées de la construction européenne (le marché unique, l'Euro, la politique en faveur des consommateurs, l'égalité homme/femme..).  Les lobbies défendent des intérêts mais il faut défendre avant tout l'intérêt européen.

 

 

3. Et si on s'appropriait le marché unique ?

 

Le marché unique n'existe toujours pas. Depuis 20 ans, la Commission européenne a développé une approche que nous considérons comme erronée. Elle a privilégié l'harmonisation sur la simplification. A quoi sert il d'harmoniser laborieusement les législations sur des points de détails comme la qualité de l'eau des piscines ou la hauteur des phares arrière sur les tracteurs, quand il n'y a toujours pas de statut européen de société pour les PME, que la TVA n'est toujours pas harmonisée avec des formalités compliquées dès qu'on vend en dehors de ses frontières nationales. Nous préconisons au contraire des outils communs, un corps européen de douaniers, des services publics européens.

 

4. Et si on s'assurait un modèle européen de développement ?


L'Europe est connue dans le monde entier pour son modèle social, mais les Européens eux-mêmes n'y croient plus. Il ne sert à rien d'harmoniser toutes les règles sociales du jour au lendemain, mais l'absence de toute volonté politique d'assurer un rapprochement des législations sociales et des régimes fiscaux met en place une politique sauvage de compétition qui favorise les délocalisations et l'incompréhension des salariés. La mobilité du travail est très faible en Europe et il s'agit surtout d'une mobilité imposée et non pas choisie. Il n'y a pas, en effet, à se réjouir, quand des diplômés d'Europe de l'est trouvent des emplois de femmes de ménage ou de garçons d'étage dans des hôtels de Londres, de Paris ou de Madrid. Nous plaisons  pour un véritable marché européen du travail et pour davantage d'initiatives communes dans le domaine de la formation et de l'éducation, notamment de véritables universités européennes.

 

5. Et si on appuyait l'Europe sur ses régions ?


Notre postulat est que l'Europe doit devenir une réalité visible pour le citoyen. Les régions sont des lieux d'identité et de proximité. En ene faisant de véritables acteurs de la construction européenne, en multipliant les structures locales d'information, y compris en créant des délégations de l'Union dans les régions, on mettre l'Europe "à la porte des citoyens " alors qu'aujourd'hui le citoyen est mis à la porte de l'Europe" face à des Institutions qui se barricadent pour des raisons de sécurité;

 

6. Et si on prenait un nouveau départ avec l'euro ?


L'Euro est sans doute la plus belle réalisation de l'Union européenne (avec Schengen et le programme Erasmus). Celle que le citoyen européen peut "palper" chaque jour, du moins pour 18 états membres. Mais, comme toujours, les états ne sont pas allés au bout de la logique de la monnaie unique et n'ont toujours pas mis en place de politique économique et budgétaire commune alors qu'aujourd'hui, face à la crise, on sait qu'un plan de relance n'aurait réellement des effets que s'il était européen.


7. Et si on exportait notre approche d'intégration ? 

 

La prise de fonction de Barack OBAMA nous offre une opportunité historique de promouvoir une vision européenne de la mondialisation, c'est-à-dire une mondialisation à visage humain. L'Union européenne a déjà exigé à juste titre une remise en ordre des marchés financiers qui devrait être effective dans les mois qui viennent. L'union européenne peut en effet promouvoir son modèle avec des intégrations régionales notamment dans les parties les moins développées du monde (notamment l'Afrique), une meilleure prise en compte des droits fondamentaux et une conception multilatérale des relations internationales pour en finir avec  une vision manichéenne du monde avec les bons et les mauvais. Je pense en particulier à la responsabilité que l'UE devrait assurer en Méditerranée par un vrai dialogue avec le monde arabe pour promouvoir ce beau projet d'Union, économique, culturelle, scientifique et politique.

 

 

 

Voilà le cri d'alarme de deux "vieux routiers" de la construction européenne qui depuis 30 ans ont vécu la lente érosion dans la confiance des populations vis à vis d'Institutions devenues de plus en plus hautaines et lointaines.

 

 

 

 

A la fin de l'ouvrage, nous faisons un certain nombre de propositions concrètes pour sortir de l'Europe du marasme.

La première consiste à faire adopter un "Code de bonne conduite" des Institutions européennes en matière de transparence et de consultation réelle des acteurs économiques et sociales et de la société civile;

 

La seconde de mettre en œuvre une "Feuille de route" pour l'Europe des citoyens avec des projets très concrets.

Dotée d'un Code de conduite et d'une feuille de route, l'Union européenne ferait un pas de géant. Mais qui va pouvoir proposer de telles initiatives ? Les états ? Ne nous faisons pas d'illusion ! Nous pensons aux citoyens eux mêmes en anticipant le droit d'initiative populaire, ce que nous appelons le "devoir d'ingérence"."L'Europe sortirait ainsi de la crise, celle des institutions comme celle des opinions, par une initiative citoyenne ! Quelle meilleure porte de sortie, et quel meilleur présage pour la suite !"

 

 

article préparé pour le site
:  http://medafrique.info/news/show.php?id=700

Par Henri Malosse
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 08:56

( extraits intervention au CESE devant le Président BARROSO le 4 décembre )

La crise financière et économique actuelle est exceptionnelle, profonde, et peut-être durable: la récession brutale qui nous frappe risque de se transformer en véritable dépression. C'est d'abord une crise internationale qui demande une réponse internationale. Il faut donc saluer la récente réunion du G20 à Washington, tenue à l'initiative du Président SARKOZY et de José Manuel BARROSO qui ouvre  la voie à une série de décisions stratégiques conjointes des pays développés et des puissances émergentes. Les réponses doivent donc être à la hauteur des circonstances exceptionnelles et surtout éviter le retour au protectionnisme et toutes les idéologies en "isme", dont on a vu en Europe, après la crise de 1929, ce à quoi elles nous conduisaient. Il faut rétablir la confiance en l'Europe des  investisseurs internationaux, car on a besoin de leur argent, notamment les Fonds souverains qui quitteront l'Europe si nous ne rétablissons pas notre crédibilité.

 

Mais cette crise est aussi une opportunité pour l'Europe de se ressaisir et de renforcer l'intégration européenne. Tout le monde le sait, dans sa vie intime comme dans toute vie publique et pour la société: toute crise offre toujours aussi des opportunités: avec une réponse commune et coordonnée l'Europe renforcera non seulement sa crédibilité internationale, mais aussi et surtout sa légitimité vis à vis des citoyens. Plus que ce que l'on décide, il est encore plus important de décider ensemble.

 

L'idée d'une Europe, société de la connaissance et société "sans carbone" est à soutenir. Il y aura en effet des millions d'emplois crées par les industries de l'intelligence et les industries du développement durable. Mais, dans cet esprit, il serait juste que l'Europe "ne se tire pas une balle dans le pied" et n'hésite pas à soutenir  les secteurs en crise tels l'automobile, la construction, le ciment en les aidant à être parties prenantes d'une économie verte sobre en carbone et en appliquant de façon équilibrée les normes environnementales. En effet, pour ne prendre que l'exemple du ciment, il serait imbécile d'obliger la fermeture des cimenteries trop polluantes de l'Union européenne..pour qu'elles se délocalisent à l'étranger avec encore plus d'émissions de carbones..qui nous reviendront d'une manière ou d 'une autre.

 

Je soutiens aussi l'utilisation de l'argent européen, notamment les 5 milliards de surplus budgétaire qu'on dégage cette année, pour des "investissements intelligents" à long-terme: les infrastructures, les réseaux de transport, de distribution d'énergie et de communication, les énergies renouvelables, le nucléaire ou  l'initiative européenne concernant le réseau internet à haut débit. Je trouve à cet égard intéressante l'idée de  mettre en place un Fonds d'investissements européen financé par l'émission d'obligations européennes pour soutenir ces "investissements intelligents".

 

Il est urgent de réformer les Fonds structurels afin de rendre leur action plus rapides, efficaces et visibles: ils doivent être capables de financer des grands réseaux européens à 100% afin qu'on allie rapidité et visibilité.On devrait aussi renforcer les capacités de financement vers les petites et moyennes entreprises qui sont aujourd'hui les principales victimes de la crise financière et associer le secteur privé aux grands investissements, via des partenariats public-privé. Dans ces domaines, l'UE est trop lente à agir et on doit d'urgence changer radicalement des principes et des procédures lourdes qui ne sont plus adaptées au temps présent.

 

Enfin, ce Plan de relance européen devrait faire l'objet d'une appropriation de la part de toute la société européenne et être au centre de la prochaine campagne pour le renouvellement du Parlement européen au mois de Juin prochain.

Par Henri Malosse
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 14:39

Observateur depuis 30 ans des Institutions européennes, je suis de plus étonné par l'attitude de nombreux responsables, de haut, moyen ou bas grade, des institutions et organisations européennes, sans parler des lobbysites, journalistes et autres...

 

Arrivé avec ma valise et l'équivalent de 500 euros en poche comme stagiaire auprès de la Commission européenne en Mai 1979. J'ai été séduit non pas par l'horrible climat belge , ni par une ville qui ressemblait plus à Berlin Est, à l'époque du Mur et près du mur, qu'à une capitale européenne, mais néanmoins séduit par l'enthousiasme et l'engagement européen que l'on ressentait à tous les étages du fameux bâtiment Berlaymont, mais aussi auprès des organisations européennes, assez peu nombreuses à cette époque, qui gravitaient autour..

 

Le premier fonctionnaire européen que je rencontrais par la suite dans mes fonctions (dont j'étais très fier..et en suis toujours très fier..) de Délégué des Chambres de Commerce et d 'industrie françaises auprès des Communautés européennes, était un responsable du Fonds social européen, Pierre Noel LEMERLE, aujourd'hui hélas décédé. 


Il m'accueillit, avec mes 27 ans et mon inexpérience, comme il aurait reçu un personnage important mais aussi comme on reçoit un ami. Il m'invita illico à déjeuner et me dit à la fin de l'entretien: Ah je suis content que les Chambres de commerce et d'industrie françaises aient ouvert un Bureau à Bruxelles avec un jeune homme pour l'animer. J'ai un nouvel allié..Ensemble on va porter la bonne parole européenne auprès des milieux économiques français...."

 

Il m'avait raconté aussi comment il avait tout quitté en 1958 pour rejoindre la Commission européenne, par conviction européenne, sans aucune certitude sur son avenir. On ne parlait pas de carrière à l'époque car qui aurait prédit le succès d'aujourd'hui?

C'était cela l'atmosphère à Bruxelles en 1979.

 

Aujourd'hui cette histoire ferait rire. Les fonctionnaires européens, d'une manière générale, sont les derniers à croire encore à l'intégration européenne. Elle est devenue une carrière pour les uns, un business pour les autres.

 

 Demandez aujourd'hui à un fonctionnaire de la Commission européenne quelles sont les motivations de ce qu'il fait ou ce qu'il propose: il vous répondra tout ce que vous voulez: changement climatique, compétitivité etc... mais presque jamais de construire l'Europe..

 

Je ne suis pas un nostalgique.

 

Je veux rassembler ceux qui veulent toujours servir l'Europe et non pas s'en servir..

 

Je n'ai pas fait carrière. J'ai suivi les chemins qui me permettaient de rester libre et de participer aux combats pour l'Europe.

 

Ce Blog est destiné à celles et ceux qui veulent faire ce chemin ensemble...

Par Henri Malosse
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 09:12

Depuis plusieurs mois, mon adresse org ne fonctionnait plus et je m'en excuse auprès des "millions de visiteurs quotidiens" de mon site.

 

Bon, en tant qu'européen convaincu, j'ai choisi l'adresse, henrimalosse.eu,   

 

L'actualité européeenne est suffisamment riche en ce moment pour que j'alimente ce blog tous les 15 jours si vous m'y encouragez...

 

Bienvenue donc sur mon nouveau site europa.eu

Et Vive la construction européenne, si malmenée aujourd'hui, surtout par ceux qui s'en servent au lieu de la servir...Ce sera le thème de ma prochaine livrée..
Smileys 

 

Henri Malosse

Par Henri Malosse
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 09:13

Bien sûr avec l'abandon du traité constitutionnel tel qu'il avait été élaboré par la Convention européenne, on a perdu la belle devise qui avait été choisie pour l'Union: Unis dans la diversité..

 

Mais on ne peut rayer ce joli mot qui semble si bien se conjuguer avec l'Union européenne..

Diversité d'abord c'est la caractéristique de la construction européenne telle que voulue par les Père sfondateurs: plurilingue, multiculturelle, repectueuse des traditions et des us et coutûmes... Les Européens y sont attachés autant qu'à l'idée d'Europe.Ils se braquent dès qu'ils croient, à tord ou à raison, qu'on va leur imposer une uniformité sur le modèle américain.. Une partie des votes NON au traité constitutionnel en France et aux Pays Bas n'étaient ils pas d'abord un réflexe de peur face à une certaine dérive "à l'américaine" avec l'épouvantail du projet de Directive Bolkenstein censé gommer les avantages acquis au niveau national..

Mais ce joli mot de diversité s'applique bien aussi à la société européenne que l'on veut construire: lutte contre toute forme de discrimination, respect des identités nationales et régionales, égalité de traitement, déférence envers les personnes âgées, droit des enfants, promotion d'une société de droits égaux avec des discriminations positives en faveur des femmes, des minorités, des personnes handicapées, des migrants légaux, dignité des migrants illégaux.. Une société européenne à visage humain qui place l'épanouissement personnel au centre du projet collectif et qui reconnaît ce droit à toutes et tous quelle que soit la langue, l'origine ethnique, la religion, la situation physique ou mentale, l'âge ou la pratique sexuelle.. Une société de libertés qui n'en n'est pas moins une société de devoirs et de droits..

Utopie tout cela ? Bien sûr un peu ..mais l'Europe doit refaire rêver si elle veut à nouveau susciter l'adhésion du plus grand nombre..


Alors même si on l'a retiré des Traités européens, je proclame haut et fort la devise "Unis dans la diversité.." 

Par Henri Malosse
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